par Mathieu Rosemain
Les résultats au premier trimestre de BNP Paribas BNPP.PA , Société Générale SOGN.PA et Crédit Agricole CAGR.PA ont déçu jeudi les investisseurs, leurs divisions de banque d'investissement ayant accusé une performance moindre par rapport aux concurrents, dans un contexte de faiblesse du dollar et d'incertitude sur les marchés financiers liée à la guerre en Iran.
Dans l'ensemble, les trois grands groupes bancaires français cotés en Bourse ont publié des chiffres en ligne avec les attentes, soutenus par une banque de détail résiliente et une bonne maîtrise des coûts, contrastant avec la faiblesse de la banque d'investissement.
A Paris, vers 09h30 GMT, les titres BNP Paribas, Societé Générale et Crédit Agricole reculaient respectivement de 4,3%, 5,5% et 6,3%, l'indice CAC 40 .FCHI abandonnant 0,8% au même moment.
Les grandes banques américaines ont publié ce trimestre une nouvelle volée de résultats robustes alimentés par la volatilité des marchés. JP Morgan, Morgan Stanley, Goldman Sachs et Citigroup ont affiché des revenus en nette hausse pour leurs activités sur les taux et devises, profitant des tensions géopolitiques et des attentes mouvantes quant à la politique monétaire de la Réserve fédérale américaine.
Leurs rivales françaises ont en comparaison affiché une performance plus mitigée, BNP Paribas n'enregistrant qu'une hausse de 2,5% des revenus issus du trading, tandis que ses revenus FICC ont stagné.
La division de banque d'investissement de Crédit Agricole a vu ses revenus reculer de 4%, avec une baisse de 9% dans la banque de marché (FICC) sur fond de "marché attentiste".
Chez Société Générale, les revenus de la banque de grande clientèle et solutions investisseurs ont reculé de 4,9% sur un an, plombés par une baisse de 18,2% pour les activités taux, crédit et change.
La banque dirigée par Slawomir Krupa invoque une activité commerciale moins dynamique et des conditions de marché moins favorables.
LE POIDS DU DOLLAR
Les fluctuations des taux de change ont clairement pesé sur les résultats, les trois groupes réalisant une part importante de leurs revenus de banque d'investissement en dollars américains, ensuite convertis en euros.
La dépréciation du dollar a ainsi pesé sur les résultats publiés, même lorsque l'activité sous-jacente s'est maintenue. BNP, Société Générale tout comme la concurrente allemande Deutsche Bank ont toutes souligné l'impact des changes.
Au-delà de la banque d'investissement, les établissements bancaires français ont également renforcé leurs provisions pour pertes sur crédit, s'inscrivant dans la lignée de la prudence affichée par l'ensemble du secteur bancaire européen.
La guerre en Iran et son impact sur les prix de l'énergie et la croissance mondiale ont incité les banques à se constituer des réserves, même si les dirigeants ont souligné que la qualité des actifs restait solide et que ces mesures étaient essentiellement préventives.
"Tout dépend de la durée de ce conflit", a déclaré Slawomir Krupa lors d'une conférence téléphonique avec les analystes alors qu'il était interrogé sur l'impact de la guerre sur les perspectives de croissance en Europe - et par extension sur la demande de crédit. "C'est vraiment la question clé", a-t-il ajouté, précisant que si le conflit devait prendre fin dans quelques semaines, l'impact serait limité.
(Mathieu Rosemain, version française Augustin Turpin, édité par Blandine Hénault)

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